Portage salarial ou SASU : quel statut choisir en 2026 ?

En résumé : le portage salarial et la SASU permettent tous deux d’exercer en indépendant avec le statut d’assimilé-salarié et une bonne protection sociale. La différence se joue sur trois points : le portage est sans gestion d’entreprise (pas de comptabilité, pas de création de société) et donne droit au chômage, contre des frais de gestion de 5 à 10 % ; la SASU offre une optimisation fiscale supérieure (dividendes, choix IS/IR) mais impose de gérer une société (comptabilité, formalités, coûts fixes) et n’ouvre pas droit à l’assurance chômage. Le portage convient pour démarrer, sécuriser et rester simple ; la SASU pour optimiser quand l’activité est installée et le revenu élevé.

Dernière mise à jour : juin 2026. Les seuils et taux fiscaux cités sont ceux en vigueur début 2026 ; vérifiez les montants actualisés auprès des sources officielles (URSSAF, impots.gouv.fr).

Portage salarial et SASU : de quoi parle-t-on ?

Le portage salarial est une forme d’emploi encadrée par le Code du travail (ordonnance du 2 avril 2015). Vous réalisez vos missions en toute autonomie, mais une société de portage vous emploie en CDI ou CDD, facture vos clients et vous reverse un salaire après déduction des charges et de ses frais de gestion. Vous êtes salarié, sans entreprise à gérer.

La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est une société commerciale que vous créez et dont vous êtes l’unique associé et président. Vous êtes assimilé-salarié au régime général, mais vous dirigez votre propre structure : c’est vous qui gérez la comptabilité, les déclarations et la trésorerie.

Protection sociale : que couvre chaque statut ?

Les deux statuts relèvent du régime général de la Sécurité sociale (assimilé-salarié pour le président de SASU). Vous cotisez donc à la maladie, la retraite de base et complémentaire, la prévoyance.

La différence majeure : le portage salarial ouvre droit à l’assurance chômage (ARE via France Travail, sous conditions), car vous êtes réellement salarié. Le président de SASU ne cotise pas à l’assurance chômage et n’a donc pas droit à l’ARE au titre de son mandat. C’est un point décisif si la sécurité du revenu est une priorité.

Gestion administrative : simplicité contre autonomie

CritèrePortage salarialSASU
Création de structureAucuneCréation de société (statuts, capital, immatriculation)
ComptabilitéGérée par la société de portageÀ votre charge (expert-comptable recommandé)
Facturation & recouvrementGérés pour vousÀ votre charge
Déclarations sociales/fiscalesGérées pour vousÀ votre charge
Temps administratifQuasi nulSignificatif
Coûts fixesFrais de gestion (5-10 % du CA)Comptable, juridique, frais de société

En portage, vous vous concentrez sur vos missions. En SASU, vous pilotez une entreprise — plus de liberté, mais plus de responsabilités et de coûts récurrents.

Fiscalité et revenu net : qui optimise le mieux ?

En portage salarial, votre chiffre d’affaires est transformé en salaire après déduction des cotisations sociales (environ 45 à 50 % du brut) et des frais de gestion. En pratique, le salaire net avant impôt représente environ 50 % du chiffre d’affaires HT. Vous pouvez déduire vos frais professionnels réels, ce qui améliore le net. La rémunération est simple mais peu « optimisable ».

En SASU, vous arbitrez entre salaire (chargé, mais ouvre des droits) et dividendes. Les bénéfices sont soumis à l’impôt sur les sociétés (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % au-delà, sous conditions), et les dividendes au prélèvement forfaitaire unique (30 %, « flat tax »). Cette combinaison permet, à revenu élevé, un net souvent supérieur — au prix d’une gestion plus complexe et de l’absence de chômage.

À retenir : en dessous d’un certain niveau d’activité, l’écart de net entre les deux statuts est faible, et le portage l’emporte par sa simplicité et la sécurité (chômage). À revenu élevé et stable, la SASU peut dégager un net supérieur grâce aux dividendes.

Pour qui le portage salarial est-il le meilleur choix ?

  • Vous démarrez votre activité et voulez tester votre marché sans créer de société.
  • Vous voulez zéro gestion administrative et vous concentrer sur vos missions.
  • La protection sociale et le droit au chômage sont prioritaires pour vous.
  • Vous préférez la prévisibilité à l’optimisation fiscale.
  • Vous avez un TJM d’au moins 300 €, seuil à partir duquel le modèle devient pleinement intéressant.

Pour qui la SASU est-elle plus adaptée ?

  • Votre activité est installée, avec un chiffre d’affaires élevé et régulier.
  • Vous cherchez à optimiser votre rémunération (arbitrage salaire/dividendes).
  • Vous êtes prêt à gérer une société (ou à payer un comptable pour le faire).
  • Vous n’avez pas besoin de l’assurance chômage.

Peut-on changer ou cumuler ?

Oui. Beaucoup de freelances commencent en portage salarial pour sécuriser le lancement, puis basculent en SASU une fois l’activité rentable et stable. Il est aussi possible de cumuler un portage salarial avec une autre activité, à condition que les prestations et les clients soient distincts.

En résumé

Le portage salarial privilégie la simplicité et la sécurité : pas de société à gérer, protection sociale complète, droit au chômage, en échange de 5 à 10 % de frais de gestion. La SASU privilégie l’optimisation et l’autonomie : meilleur potentiel de net à haut revenu, mais gestion d’entreprise et pas de chômage. Le bon choix dépend de votre stade de développement, de votre revenu et de votre appétence pour la gestion.

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FAQ

Le portage salarial donne-t-il droit au chômage, contrairement à la SASU ?

Oui. Le salarié porté cotise à l’assurance chômage et peut percevoir l’ARE sous conditions. Le président de SASU ne cotise pas au chômage et n’y a pas droit au titre de son mandat.

Le net est-il plus élevé en SASU ou en portage ?

À revenu élevé et stable, la SASU permet souvent un net supérieur grâce aux dividendes. À revenu modéré ou en phase de lancement, l’écart est faible et le portage l’emporte par sa simplicité et sa sécurité.

Peut-on passer du portage à la SASU ?

Oui, c’est un parcours fréquent : démarrer en portage pour sécuriser, puis créer une SASU quand l’activité est rentable.

Faut-il un expert-comptable en portage salarial ?

Non. La société de portage gère la comptabilité, la facturation et les déclarations. En SASU, un expert-comptable est fortement recommandé.


Auteur : Aurélien Quemerais Lefel, fondateur de Bloom Lab. Article informatif ; pour une décision personnalisée, consultez un conseiller.

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